Le Pitch :

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. »
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

L’auteure nous livre avec poésie et passion le parcours extraordinaire de cette peintre qui n’a laissé aucune des personnes qu’elle a croisée indifférente. De Coyoacán, sa ville natale, à Mexico, San Francisco, Détroit et Paris, Frida rencontre les plus grandes personnalités de son époque, entre fêtes déjantées, soirées mondaines, expositions et dîners politiques.

Une recherche constante de l’identité comme obsession : « ce visage qui n’est plus celui de Frida Kahlo, mais le visage de l’autre au sens pur, l’irréductible altérité, l’autre comme miroir mais aussi comme face à face fondamental, qui exige d’être considéré, d’être regardé, qui commande la compassion, qui impose littéralement de souffrir avec lui. » Ce seront au total cinquante-cinq autoportraits qui jalonneront sa vie, lors de sa quête perpétuelle de sens.

C’est sur fond de communisme, de rencontres artistiques et politiques et bien sûr de sa relation tumultueuse avec Diego que nous est dépeinte « Frida insatiable et boute-le-feu », « Frida jambe-de-bois », « Fridita », « Frida l’impardonnable caprice », « Frida l’alter ».

Extrait 

Bleu de cobalt

Elle ne voit que lui, sans même avoir à le regarder.

Il est sans cesse à s’ébattre quelque part dans l’angle presque mort du regard. À la lisière de l’œil, là où l’on devine plus qu’on ne saisit. Une forme spectaculaire, mi-pachyderme mi-pieuvre aux tentacules envoûtants qui contamine tout l’espace où sa masse se déploie. Un trophée de cirque que chaque femme voudrait s’épingler au corsage – s’empaler au corps sage. Cet homme quintal à l’agilité contre la nature, dont les excédents de chaise rose ne viennent que renforcer une souplesse improbable et une rapidité de sèche sèche, soulève, chez chacune, un goût immédiat et inexpugnable d’interdit. Sans que celles-ci peuvent se l’avouer, comme un parfum capiteux étourdit les têtes dans son sillage, Diego Rivera ravit le sexe faible en magnétiseur, déchaînant tombées de pudeur,épanouissements de poitrine et instinct primitif de possession.”

À dix-neuf ans, Frida Kahlo est donc une survivante au corps ravagé, et commence à peindre alors qu’elle est alitée. C’est alors qu’avec pour ciel de lit un grand miroir installé par son père, elle exécute le premier de sa longue série d’autoportraits.

 

 

L’auteur : Claire Berest

Informations utiles

Editions : Stock 

Rien n'est noir

L’avis de Valérie Gross 

J’avais envie de partager cette magnifique découverte:
“Rien n’est noir” de Claire Berest: un roman explosif! Un feu d’artifice de couleurs, de rires et de larmes, de passions, de vies sublimées et brûlées par tous les bouts!
J’avais déjà beaucoup d’admiration pour la femme qu’était Frida Kahlo: libre, moderne, combattive et audacieuse.
L’auteure habille d’une couleur chaque chapitre de la vie tumultueuse et fascinante de l’artiste et de l’éternelle amoureuse. Que de vies en une seule! Le milieu artistique de l’époque revit sous une plume étincelante pour notre plus grand plaisir!
Ce livre m’a ouvert une fenêtre sur le langage viscéral de l’âme de Frida: une peinture crue qui hurle la douleur de son corps broyé par l’Accident, qui clame son amour incandescent pour Diego Rivera.
Deux personnages hors du commun qui s’admirent et se déchirent.
Un portrait de femme flamboyante qui est un véritable hymne à la vie!

Quelques Mots sur Valérie Gross 

Amazon.fr - La Fabrique des Anges - Gross, Valérie - Livres  Parenthèse N°195 - Renaud Hadef - " Hippocampes, de Fuseta à Valparaiso" -  YouTube

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